SENSIBILITÉ

Autoportrait pris un matin, entre 10 et 11 h, quand les rayons de soleil s’invitent dans mon salon.

 
 

Notre sensibilité dépend de l’opacité d’une membrane invisible entre la sphère de l’intelligence mentale, rationnelle, linéaire, et celle de la conscience du corps et de l’infini espace de notre intériorité, depuis lequel nous accédons au subtil, au global, au circulaire, à l’infini.

Notre degré de sensibilité est le miroir de notre ouverture à soi, actuelle ou potentielle, et puis naturellement, de notre ouverture au monde, de notre capacité à le sentir, à le décoder, à le percevoir au-delà des mots.

Nous sommes tous dotés des mêmes capacités, d’un code source qui contient l’exhaustivité de l’information, et, en fonction de ce que l’on vient expérimenter dans cette existence, ce potentiel est déployé ou contenu.

La sensibilité est notre appétence à ressentir le vivant, à communier avec l’instant présent, à revenir dans son corps, en son centre, à cultiver le dialogue avec la Vie, à percevoir des signaux faibles d’une direction à prendre, à se laisser toucher par la beauté de ce qui est.

La sensibilité est une ouverture, une porte vers d’autres dimensions, subtiles et réelles, même si elles ne sont pas tangibles.

Moquée, dévalorisée, considérée comme une faiblesse, elle est une invitation à incarner une autre dimension de sa puissance, celle qui émerge et se consolide dès notre décision de l’assumer et de l’incarner.

Elle est aussi cette capacité à voir au-delà des apparences, à percevoir le langage du corps, à discerner, à voir une orchestration subtile de situations dans le but de notre évolution.

Elle est ce regard qui voit, cette hauteur de vue d’un aigle, qui rassemble l’ensemble des pièces du puzzle dans une vision globale et évolutive.

Elle est aussi cet ancrage dans l’instant présent, où des choses se font sans effort, où œuvre subtile s’accomplit, où notre présence entière à ce qui est offre un calice pour la Vie puisse s’y déposer.

Elle est cette ouverture à l’élan qui nous pousse à prendre une direction, à chambouler son programme de la journée pour croiser le chemin d’un être avec lequel un rendez-vous subtil était planifié.

Elle est une sagesse qui sait, sans chercher à le prouver.

Elle est cette ouverture, cette confiance naturelle teintée de naïveté, sans filtre, sans chercher à manipuler, à dissimuler, à juger.

Elle est ce choc de la rencontre, où des mondes qui semblent opposés, se subliment, s’enrichissent, s’élèvent, s’inspirent, créent de l’inédit.

Elle est ce cœur ouvert, ce corps prêt à se laisser emmener sans résistance.

Elle est une écoute constante de soi, de ses besoins, un dialogue subtil de nos différents plans de conscience.

Elle est l’acceptation de chaque émotion ressentie et vécue.

Elle est ce lien subtil à toute la création, ces filaments lumineux qui nous relient à chaque être vivant sur cette terre.

Elle est un diamant, pur, solide, d’une extrême beauté, dont l’ampleur du rayonnement subtil n’a jamais pu être mesurée.

Elle est cette brèche, une faille dans notre armure rouillée par laquelle la Lumière peut se déverser.

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Et si la sensibilité était une porte vers une autre dimension de sa puissance individuelle et puis collective ?!

R.

 
 
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